janvier 2019
Ancestor of future, Robert Brandy

Ancestor of future, Robert Brandy

Arts plastiques

Du 24/11/2018 au 02/02/2019 - De 00h à 00h

Koerich, galerie Ceysson & Bénétière

Pour un seul jour d?exercice On a beaucoup discuté, au sujet des premières oeuvres marquantes de Robert Brandy, de l?influence de Supports-Surfaces, de Robert Rauschenberg, voire, dans l?hommage rendu, des fins de la peinture selon Cézanne. La présente exposition qui conjugue toiles monumentales, boîtes, encres de Chine et oeuvres de petit format, miniatures emblématiques de l?oeuvre dans son ensemble, permet de se faire une idée de ces influences, mais surtout d?examiner leurs profondes différences : elles distinguent une peinture originale, remarquable par sa cohérence et ce qu?il faut bien appeler son esthétique. Des années 1970 aux plus récentes réalisations, se sont moins succédé des périodes (blanche, noire, de « filiation cézanienne », pour reprendre les termes de Bernard Ceysson), que se sont développées des variables, avec leurs progrès et leurs repentirs, dans l?exploration ininterrompue d?une même intuition de soi et du monde. Aussi parler d?art abstrait ne rend-il pas tout à fait compte de la complexité d?une telle recherche, quand Robert Brandy précise qu?il vient du paysage, qu?il s?est d?abord situé par rapport à cette question. Maurice Merleau-Ponty pourrait ici servir de guide : « Le paysage, écrit-il, se pense en moi, et je suis sa conscience. » La conscience ainsi définie est un « pli » dans le paysage, a fortiori dans le tissu du monde. Merleau-Ponty l?appelle un « chiasme », un entrecroisement ou un entrelacs, où participent d?une même « chair », dans une indissoluble osmose, et la conscience et le monde. Robert Brandy reformule à sa manière cet accident du « pli » : « Je ne peins pas la ligne, mais le sentiment de la ligne ». Il en découle un ensemble de caractéristiques et d?opérations. Le battement émotif, presque lyrique, du geste et de la couleur, la mise en place de polarités qui font proprement événement sur la surface peinte, l?attention accordée à la texture du subjectile et les effets de réel obtenus par le collage, la greffe d?objets ou l?exposition du châssis. La gestuelle « épuise » la couleur qui, saturée, dégorge son trop-plein de coulures, les polarités (haut et bas, axes convergents et divergents, géométrie ou éléments d?architecture et frottis en apparence aléatoires) accentuent le chiasme entre ce qu?investit le peintre et ce que commande la toile. On a ainsi une peinture en situation et en mouvement, à la fois éphéméride des humeurs de l?artiste et dépôt de savoir et de technique comme dirait Denis Roche. Si peindre consacre la gestuelle et le moment propitiatoire de son essor, le tableau en conserve la dramaturgie. Baroque dans sa réalisation, il est mémoriel et commémoratif dans ses attendus. « Il me semble, remarque Robert Brandy, qu?il y a dessous une présence? On dirait que, derrière la peinture, c?est-à-dire dessous, il y a une mémoire de la peinture. » Humeurs, vitesse d?exécution, commotion gestuelle et colorée, mémoire sous-jacente, révèlent le monde dans ses sédiments et son étrange présence. La peinture en achève pour ainsi dire l?épiphanie de même qu?elle en concrétise l?archivage. C?est sans doute par-là qu?elle est une gageure : l?espace, où s?entrecroisent le moi et le monde, relève d?un exercice et d?une appropriation du temps. Ce temps ramassé dans l?instant est l?intuition d?un autre temps, d?un temps débordé. Gasquet, que cite Merleau-Ponty, interprète la démarche de Cézanne : « Il y a une minute du monde qui passe, il faut la peindre dans sa réalité. » Ce commentaire pourrait s?appliquer à la peinture de Robert Brandy, si tant est qu?elle signifie, parce qu?elle n?est jamais acquise, l?invention d?un moi toujours recommencée. « Dès le premier coup de pinceau, déclare Marc Devade, il y a présence d?une chose nommable ; la difficulté est de réaliser une oeuvre faite de coups de pinceau avant la nomination. » Se maintenir en quelque sorte sur le fil du rasoir, avant que tout ne se réifie et ne s?effondre dans le discours, ordonne une étroite convenance entre intelligence intuitive et science du coup de pinceau. C?est l?impeccable combinaison qu?en offre l?oeuvre de Robert Brandy. Jean Sorrente v e r n i s s a g e  l e  2 4  n o v e m b r e  2 0 1 8<br /> j u s q u ? a u  2  f é v r i e r  2 0 1 9  

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Informations pratiques

galerie Ceysson & Bénétière
rue d'Arlon 13-15
L-8399 Koerich
Luxembourg

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